INFECTIONS RECIDIVANTES A CLOSTRIDIUM DIFFICILE
 
  Les récidives multiples de colite à Clostridium difficile représentent un défi thérapeutique majeur pour le clinicien qui se trouve souvent désarmé pour traiter ces patients. Les traitements qui étaient proposés jusqu’alors (dose dégressive ou intermittente de vancomycine, fidaxomicine) n’ont qu’une efficacité modérée. Une des raisons potentielles réside sans doute dans le fait que ces traitements antibiotiques entretiennent une dysbiose intestinale qui favorise l’implantation et la multiplication de C. difficile et n’agissent pas sur les formes sporulées de cette bactérie. 

  L’efficacité de la TMF provient probablement de la capacité à reconstituer une flore de barrière chez les patients souffrant d’infections récidivantes multiples à C. difficile. Néanmoins, il est difficile d’affirmer qu’il s’agit du seul mécanisme en cause ; la présence de nombreuses autres substances dans les selles du donneur (acides biliaires, bactériocines, protéines, bactériophages, produits de la réponse immunitaiire) pourrait aussi contribuer à l’efficacité de la TMF. 

  La TMF est aujourd’hui considérée comme le traitement le plus efficace pour traiter les infections récidivantes multiples (> 1 récidive) à Clostridium difficile, comme en témoignent les récentes recommandations européennes et nord-américaines concernant la prise en charge des infections à C. difficile.

En bref, 
Devant son efficacité reconnue, la TMF a été officiellement intégrée dans les dernières recommandations européennes sur le traitement des infections à C. difficile comme la seule option thérapeutique de grade A-I (meilleur niveau de preuve scientifique, forte recommandation) pour les patients présentant au moins 2 récidives.

Pour les autres indications, la TMF demeure expérimentale et doit s’effectuer dans le strict respect des règles de la recherche clinique. Même si le mécanisme d’action de la TMF reste encore hypothétique, les travaux sur les transferts de microbiote pourraient permettre d’identifier le noyau minimal de bactéries capables de corriger la dysbiose intestinale et l’homéostasie intestinale et d’assurer un effet protecteur.